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| | Amulette : Médaille de Saint Benoit | |
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Invité Invité
 | Sujet: Amulette : Médaille de Saint Benoit Mar 29 Mai 2007 - 21:45 | |
| Avis aux lecteurs : Voici une très bonne étude l'amulette de saint benoit, que je mets à votre disposition. Il sera dur de tout lire d'une traite (j'ai essayé, je n'ai pas réussi) alors si vous voulez vraiment vous instruire, faite par fragment !ESSAI SUR L’ORIGINE, LA SIGNIFICATION ET LES PRIVILÈGES DE LA MÉDAILLE OU CROIX DE SAINT BENOIT ANCIENNE LIBRAIRIE RELIGIEUSE H. OUDIN
J. LEDAY ET Cie, SUCCESSEURS
10, RUE DE MÉZIÈRES, 10
1890 Note du copiste : Cette savoureuse édition de Dom Guéranger est naturellement à relire dans notre contexte du XXIème siècle. Pour ce faire, on peut conseiller, le petit livre de l’abbé Philippe Beitia, La médaille de saint Benoît, Histoire et spiritualité, Paris 2005 Pierre Téqui éditeur, ISBN 2-404-1212-1 . Ce dernier auteur cite d’ailleurs abondamment Dom Guéranger. PRÉFACE Il n'appartient pas aux hommes de juger les effets de la puissance et de la bonté de Dieu. Dans sa sagesse et sa providence, il emploie quelquefois, pour venir à notre secours dans nos besoins, des moyens d'une extrême simplicité, afin d'entretenir en nous l'humilité et la confiance filiale. L'homme peu éclairé de la foi s'étonne, il est même tenté de se scandaliser, parce qu'il lui semble que les moyens par lesquels Dieu opère sont disproportionnés à sa grandeur. C'est orgueil ou légèreté de penser ainsi ; car Dieu ne se met à notre portée qu'à la condition de s'incliner vers nous. Quelle grandeur, au contraire, ne fait-il pas paraître, lorsqu'il choisit de simples éléments matériels pour intermédiaires entre lui et nous, ainsi qu'il le fait dans les divins sacrements! N'est-ce pas alors qu'il montre à quel point il est maître de tout, jusqu'à confier l'élément même de sa grâce à des formes si humbles et en apparence si vulgaires? Dirigée par son Esprit, la sainte Église se plaît à l'imiter de loin, en communiquant la vertu divine qui réside en elle aux objets qu'elle a sanctifiés pour le secours et la consolation de l'homme. Il s'agit, dans cet opuscule, d'un de ces objets sacrés, honoré du contrôle et de la bénédiction de l'Église, et réunissant la vertu triomphante de la sainte Croix qui nous a. sauvés, au souvenir d'un des plus illustres serviteurs de Dieu. Quiconque aime et adore le Christ qui nous a rachetés, quiconque a foi dans l'intercession des Saints qui sont dans la gloire avec le Christ, celui-là considérera avec respect la Médaille de saint Benoît; et s'il entend le récit de quelqu'une des faveurs célestes dont elle a été l'instrument , il rendra grâces à Dieu qui nous autorise à nous servir de la Croix de son Fils comme d'un bouclier de salut, et à compter fermement sur la protection des habitants du ciel. Notre désir unique en publiant cet Essai sur un sujet assez délicat, dans un temps bu le rationalisme exerce encore tant de ravages, est d'être utile à nos frères dans la foi. Dans les moments où ils ressentiront le besoin d'un secours particulier du ciel, qu'ils recourent à la Médaille de saint Benoît, comme le font tant de chrétiens, et si leur foi est vive et simple, qu'ils comptent sur la promesse de Notre-Seigneur : cette foi ne restera pas sans récompense. Un grand nombre de personnes désirent acquérir des notions certaines sur la célèbre médaille qui porte le nom du grand Patriarche des moines d'Occident. Déjà plusieurs notices plus ou moins exactes ont été publiées ; il nous a semblé qu'aucune d'elles n'avait jusqu'ici satisfait pleinement à l'attente du public, et nous avons pensé qu'il était utile d'offrir à la, piété des fidèles un ensemble plus complet de renseignements sur un objet qui lui est cher. Afin de procéder avec ordre dans notre exposé, nous commencerons par la description de la médaille. DE L'IMAGE DE LA CROIX REPRÉSENTÉE SUR LA MÉDAILLE. Il suffit aux chrétiens de réfléchir un moment sur la vertu souveraine de la Croix de Jésus-Christ, pour comprendre la dignité d'une médaille sur laquelle elle est représentée. La Croix a été I'instrument de la rédemption du monde ; elle est l'arbre salutaire sur lequel a été expié le péché que l'homme avait commis en mangeant le fruit de l'arbre défendu. Saint Paul nous enseigne que l'arrêt de notre condamnation a été attaché à la Croix, et qu'il a été effacé par le sang du Rédempteur ( Col. II, 14) ; enfin la Croix en laquelle l'Église salue notre unique espérance, spes unica, doit paraître au dernier jour sur les nuées du ciel comme le trophée de la victoire de l’Homme-Dieu. La représentation de la Croix réveille en nous "tous" (pour garder le terme original) les sentiments de la reconnaissance envers Dieu pour le bienfait de notre salut. Apres la sainte Eucharistie, il n'est rien sur la terre qui soit plus digne de nos respects que la Croix ; et c'est pour cela que nous lui rendons un culte d'adoration qui se rapporte au Seigneur dont le sang divin l'a arrosée. Animés des sentiments de la religion la plus pure, les premiers chrétiens eurent dès le principe la plus profonde vénération pour l'image de la Croix, et les Pères de l'Église ne tarissent pas sur les louanges qu'ils donnent à ce signe auguste. Lorsque, après trois siècles de persécution, Dieu eut résolu de rendre la paix à son Eglise, une croix apparut au ciel avec ces paroles : « Tu vaincras par ce signe » ; et l'empereur Constantin, à qui était destinée cette vision qui lui promettait la victoire, voulut que son armée marchât désormais au combat sous un étendard qui offrait l'image de la Croix avec le monogramme du Christ, et qui fut appelé le Labarum. La Croix est un objet de terreur pour les esprits de malice ; devant elle ils reculent toujours ; à son aspect ils ne tardent pas à lâcher leur proie et à s'enfuir. Enfin telle est pour les chrétiens l'importance de la Croix, telle est la bénédiction qu'elle apporte avec elle, que, depuis le temps des Apôtres jusqu'à nous, l'usage inviolable a été pour les fidèles d'en produire fréquemment le signe sur eux-mêmes, et, pour les ministres de l'Église, de l'employer sur tous les objets que le caractère sacerdotal leur donne le pouvoir de bénir et de sanctifier. Notre médaille, qui représente d'abord l'image de la Croix, est donc parfaitement conforme à la piété chrétienne, et, par ce seul motif, digne déjà de toute sorte de respects.
Dernière édition par le Lun 25 Juin 2007 - 10:13, édité 2 fois |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Amulette : Médaille de Saint Benoit Mar 29 Mai 2007 - 21:46 | |
| DE L'IMAGE DE SAINT BENOIT REPRÉSENTÉE SUR LA MÉDAILLE.
L'honneur de paraître sur la même médaille avec l'image de la sainte Croix a été déféré à saint Benoît dans le but de marquer l'efficacité que ce signe sacré a eue entre ses mains. Saint Grégoire le Grand , qui a écrit la vie du saint Patriarche, nous le représente dissipant ses propres tentations par le signe de la Croix, et par ce même signe qu'il fit sur un breuvage empoisonne, brisant le vase, et découvrant le mauvais dessein de ceux qui avaient attenté à sa vie. Si le malin esprit, pour effrayer les frères, fait paraître en feu le monastère du Mont-Cassin, saint Benoît dissipe à l'instant ce prestige en produisant sur les flammes fantastiques ce même signe de la Passion du Sauveur. Si ses disciples sont agités intérieurement par les suggestions du tentateur, il leur indique pour remède de former sur leur cœur l'image de la Croix.
Pleins de confiance dans la puissance de ce signe sacré, les disciples de saint Benoît ont opéré par la Croix d'innombrables prodiges. Il suffira de rappeler saint Maur rendant la vue à un aveugle, saint Placide guérissant de nombreux malades, saint Richmir délivrant les captifs, saint Wulstan préservant, dans sa chute, un ouvrier qui tombait du haut de la tour de l'église, saint Odilon arrachant de l'œil d'un homme blessé un éclat de bois qui l'avait transpercé, saint Anselme de Cantorbéry chassant les spectres horribles qui fatiguaient un vieillard mourant, saint Hugues de Cluny apaisant une tempête, saint Grégoire VII arrêtant l'embrasement de Rome, etc. : tous ces prodiges et mille autres que contiennent les Actes des Saints de l'Ordre de Saint? Benoît, furent opérés par le signe de la Croix.
Entre les plus illustres abbayes de l'Ordre de Saint-Benoît, un grand nombre furent fondées sous le titre de la Sainte-Croix. Nous mentionnerons seulement le célèbre monastère bâti à Paris par l'évêque saint Germain ; dans le diocèse de Meaux, celui qu'édifia saint Faron ; l'abbaye de Sainte-Croix, fondée à Poitiers par sainte Radégonde; à Bordeaux, sous le même titre, celle que bâtit Clovis II ; Metten en Bavière, Reichenau en Suisse, Quimperlé dans notre Bretagne ; et dans les Vosges, les cinq fameux monastères qui furent disposés de manière à former entre eux la figure de la Croix.
Le Sauveur du monde, par une faveur spéciale, semble avoir voulu confier aux enfants de saint Benoît une partie notable de la Croix sur laquelle il a racheté les hommes. D'insignes fragments de ce bois sacré ont été placés sous leur garde; et le chrétien pourrait se réjouir d'avoir, pour ainsi dire, contemplé l'instrument de son salut, si l'on réunissait sous ses yeux les portions qui en ont été conservées dans les abbayes de cet Ordre. Parmi les monastères favorisés d'un tel trésor, nous citerons, en France, Saint-Germain-des-Prés, à Paris ; Saint-Denys ; Sainte-Croix de Poitiers ; Cormery, en Touraine ; Gellone, etc. ; Saint-Michel de Murano, à Venise ; en Espagne, Sahagun ; en Suisse, Reichenau ; en Allemagne, Saint-Ulrich et Sainte-Afra, à Augsbourg ; Saint-Michel, à Hildesheim ; Saint-Trudpert, dans la Forêt-Noire ; Mœlk, en Autriche ; l'illustre abbaye de Gandersheim, etc.
Mais la mission la plus glorieuse donnée aux Bénédictins pour la gloire de la sainte Croix a été celle de porter cet instrument de salut dans de nombreuses contrées par la prédication apostolique aux Gentils. La majeure partie de l'Occident fut arrachée aux ombres de l'infidélité par leur zèle, et l'on sait combien l'Angleterre est redevable à saint Augustin de Cantorbéry, l'Allemagne à saint Boniface, la Belgique à saint Amand, la Hollande et la Zélande à saint Willibrord, la Westphalie à saint Switbert, la Saxe à saint Ludger, la Bavière à saint Corbinien, la Suède et le Danemark à saint Anschaire, l'Autriche à saint Wolfgang, la Pologne et la Bohême à saint Adalbert de Prague, la Prusse à saint Othon de Bamberg, la Russie au second saint Boniface.
Telles sont en abrégé les relations que présentent avec la sainte Croix les grandes œuvres qui se rapportent à personne et au nom de saint Benoît. Il est permis d'en conclure que c'est avec une convenance particulière que l'on a réuni l'image de ce saint Patriarche sur une même médaille avec celle de la Croix du Sauveur.
On le comprend plus aisément encore, si l'on se reporte aux récits contenus dans les Actes des deux grands disciples du serviteur de Dieu, saint Placide et saint Maur. L'un et l'autre, en opérant les prodiges dont leurs vies sont remplies, avaient coutume de faire intervenir, avec l'invocation du secours de la sainte Croix, le nom de leur saint législateur, et ils consacrèrent ainsi dès l'origine le pieux usage dont la médaille devait être l'expression dans la suite des temps.
Saint Placide venait à peine de quitter saint Benoît pour se rendre en Sicile ; à Capoue, on lui demande la guérison du primicier de l'église de cette ville. Après les longues résistances de son humilité, il consent à imposer sa main sur la tête de ce prêtre atteint d'une maladie mortelle, et il le guérit subitement, en prononçant ces paroles : « Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, par les prières et la vertu de notre maître Benoît, m'a retiré sain et sauf du milieu des eaux, que Dieu récompense ta foi et te rende ta première santé. »
Bientôt un aveugle se présente, demandant à son tour d'être guéri. Placide fait sur ses yeux le signe de la Croix, qu'il accompagne de cette prière : « Médiateur de Dieu et des hommes, Seigneur Jésus-Christ, qui êtes descendu du ciel sur la terre afin d'éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l'ombré de la mort ; vous qui avez donné à notre bienheureux maître Benoît la vertu de guérir toutes les maladies et toutes les blessures, daignez, par ses mérites, rendre la vue à cet aveugle, afin que, voyant la magnificence de vos œuvres, il vous craigne et vous adore comme le souverain Seigneur. » S'adressant ensuite à l'aveugle, Placide ajouta : « Par les mérites de notre très saint Père Benoît, je te le commande au nom de celui qui a créé le soleil et la lune pour être l'ornement du ciel, et qui a donné à l'aveugle-né les yeux que la nature lui avait refusés, lève-toi et sois guéri ; va annoncer à tous a les merveilles de notre Dieu. » L'aveugle recouvra tout aussitôt la vue. Nous pourrions citer encore d'autres faits miraculeux de la vie de saint Placide, guérisons de malades ou délivrances de possédés, dans lesquels l'invocation ou le souvenir de saint Benoît, alors encore vivant, s'unissait à l'emploi du signe de la Croix. On entend, dans ces récits, jusqu'aux malades eux-mêmes reconnaître et proclamer cette mystérieuse relation.
Saint Maur, ayant quitté le grand Patriarche qui l'envoyait établir sa Règle dans les Gaules, ne tarda pas non plus à opérer de nombreux miracles, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Ces miracles furent accomplis au moyen de la sainte Croix, et le saint Abbé avait coutume aussi de joindre à la vertu divine de l'instrument de notre salut un appel à l'intervention de saint Benoît. Il en rendit témoignage lui-même, lorsque, après avoir arraché à la mort un de ses compagnons de voyage, il fit cette déclaration ; « Si la divine majesté, dit-il aux témoins du miracle, a daigné opérer ce prodige par le bois de notre rédemption, ce n'est donc pas à un homme, mais au divin Rédempteur lui-même qu'il en faut attribuer la gloire, bien que personne ne puisse douter que ce ne soient les mérites de notre très saint Père Benoît qui nous ont obtenu de lui cette grâce. »
Il est donc évident par les faits que, dès le début de l'Ordre bénédictin, ce mode de recourir à la bonté divine fut mis en usage avec un plein succès. Saint Benoît était encore sur la terre, et ses disciples s'adressaient à Dieu en son nom ; mais si déjà la confiance en ses mérites était bénie du ciel, le pouvoir d'intercession d'un tel serviteur de Dieu devait s'accroître encore lorsqu'il serait élevé dans la gloire.
Dernière édition par le Mar 29 Mai 2007 - 21:53, édité 2 fois |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Amulette : Médaille de Saint Benoit Mar 29 Mai 2007 - 21:48 | |
| DES CARACTÈRES QUI SE LISENT SUR LA MÉDAILLE.Image 1 Image 2 Outre l'image de la Croix et celle de saint Benoît, la médaille offre un certain nombre de lettres dont chacune représente un mot latin. Ces divers mots réunis forment un sens qui manifeste l'intention de la médaille. Leur but est d'exprimer les rapports du saint Patriarche des moines d'Occident avec le signe sacré du salut des hommes, et de fournir en même temps aux fidèles un moyen d'employer la vertu de la sainte Croix contre les esprits de malice. Ces lettres mystérieuses sont disposées sur le côté de la médaille où figure la Croix (Voir la gravure placée au commencement de du volume). Elles signifient : CRUX SANCTI PATRIS BENEDICTI ; en français : La Croix du saint Père Benoît. Ces paroles expliquent déjà le but de la médaille. On trouve les lettres CSSML, ce qui veut dire : CRUX SACRA SIT MIHI LUX ; en français : Que la sainte Croix soit ma lumière. On trouve aussi les lettres NDSMD ce qui signifie : NON DRACO SIT MIHI DUX ; en français : Que le dragon ne soit pas mon chef. Ces deux lignes réunies forment un vers pentamètre, dont le sens est une protestation du chrétien, exprimant sa confiance envers la sainte Croix, et sa résistance au joug que le démon lui voudrait imposer. Autour de la médaille se trouve une plus longue inscription qui présente d'abord le saint nom de Jésus , exprimé par le monogramme ordinaire : IHS. La foi et l'expérience nous enseignent assez la toute-puissance de ce Nom divin. Viennent ensuite, en commençant à droite, les caractères suivants : V. R. S. N. S. M. V. S. M. Q. L. I. V. B Ces initiales représentent deux vers : VADE RETRO SATANA ; NUNQUAM SUADE MIHI VANA; SUNT MALA QUAE LIBAS ; IPSE VENENA BIBAS.en français : Retire-toi, Satan ; ne viens pas me conseiller tes vanités : le breuvage que tu verses est le mal : bois toi-même tes poisons.Ces paroles sont censées sortir de la bouche de saint Benoît; celles du premier vers, lors de la tentation qu'il éprouva et dont il triompha par le signe de la Croix ; celles du second vers, au moment où ses ennemis lui présentèrent un breuvage de mort, qu'il découvrit en produisant le signe de vie sur le vase qui le contenait. Le chrétien peut s'approprier ces paroles toutes les fois qu'il est en butte aux tentations et aux insultes de l'ennemi invisible du salut. Notre-Seigneur a lui-même sanctifié les premiers mots : Vade retro, Satana : Retire-toi, Satan. Leur valeur est donc éprouvée, en même temps qu'elle est garantie par l'Évangile lui-même. Les vanités que le démon nous conseille sont les désobéissances à la loi de Dieu, les pompes et les fausses maximes du monde. Le breuvage que nous présente cet ange de ténèbres est le péché qui donne la mort à l'âme. Au lieu de l'accepter, nous devons le lui laisser, comme le partage qu'il s'est choisi lui-même. Il n'est pas besoin d'expliquer longuement au lecteur chrétien la force de cette conjuration qui oppose aux artifices et aux violences de Satan tout ce qu'il craint le plus : la Croix, le saint nom de Jésus, les propres paroles du Sauveur dans la tentation, et enfin le souvenir des victoires que le grand Patriarche saint Benoît a remportées sur le dragon infernal. Il suffit de prononcer ces paroles avec foi pour se sentir immédiatement fortifié, et pour défier toutes les embûches de l'enfer. Quand nous ne connaîtrions pas les faits qui démontrent à quel point Satan redoute, celte médaille, la seule appréciation de ce qu'elle représente et de ce qu'elle exprime suffirait pour nous la faire considérer comme une des armes les plus puissantes que la bonté de Dieu ait mises entre nos mains contre la malice des démons. ORIGINE DE LA MÉDAILLE DE SAINT BENOIT. Il serait impossible d'assigner avec précision l'époque à laquelle a commencé l'usage delà médaille dont nous venons de donner la description (C'est par erreur qu'on a interprété dans le sens d'une plus haute antiquité de notre médaille ce vers de Paul Diacre dans son hymne sur saint Benoît : Aether pluit numismata. Ces mots sont tout simplement une allusion à un miracle rapporté par saint Grégoire le Grand. dans la Vie de saint Benoît, chapitre XXVII.) ; mais nous pouvons constater les circonstances qui ont aidé à sa propagation, et préludé à son approbation expresse par le Saint-Siège. En 1647, à Natremberg, en Bavière, des magiciennes, accusées d'avoir exercé leurs maléfices contre la sécurité des habitants de la contrée, furent emprisonnées par l'autorité publique. Dans l'instruction du procès, elles déclarèrent que leurs manœuvres superstitieuses étaient toujours restées sans résultat dans les lieux où l'image de la sainte Croix était suspendue ou cachée en terre. Elles ajoutèrent qu'elles n'avaient jamais pu exercer aucun pouvoir sur l'abbaye de Metten, et que cette impuissance leur avait fait comprendre que la Croix protégeait ce monastère. Les magistrats consultèrent les Bénédictins de Metten sur cette particularité. On fit des recherches dans l'abbaye, et l'on remarqua peintes sur les murs plusieurs représentations de la sainte Croix, accompagnées des caractères que nous avons rapportés plus haut. Ces signes remontaient à une époque éloignée ; mais depuis longtemps on avait cessé d'y porter attention. Restait à expliquer ces caractères dont le sens était perdu, et qui seuls pouvaient révéler l'intention dans laquelle ces Croix avaient été ainsi tracées. Après beaucoup de recherches, on mit la main sur un manuscrit de la bibliothèque de l'abbaye. C'était un Evangéliaire remarquable par sa reliure enrichie de reliques et de pierres précieuses, et portant sur la première page treize vers qui indiquaient que ce livre avait été écrit et ainsi orné par ordre de l'abbé Pierre, en l'an 1415. Le même manuscrit contenait à la suite le livre de Rhaban Maur sur la Croix, et plusieurs dessins à la plume exécutés par un moine anonyme de Metten. Un de ces dessins représentait saint Benoît revêtu de la coulle monastique, et tenant dans la main droite un bâton terminé par une croix. Sur le bâton était écrit ce vers : CRUX SACRA SIT M LUX N DRACO SIT MICHI DUX. De la main gauche du saint Patriarche sortait une banderole portant ces deux autres vers: VADE RETRO SATHANA NUQ SUADE M VANA. SUNT MALA QUE LIBAS IPSE VENENA BIBAS . (La description du manuscrit de Metten a été donnée au public en 4721 par le savant Dom Bernard Pez, au premier tome de son Thesaurus Anecdotorum novissimus, où il a fait graver le dessin dont il est ici question.) Ainsi, au commencement du XV° siècle, saint Benoît était représenté tenant une croix, et les vers dont on lit aujourd'hui les initiales sur la médaille existaient déjà. Ces vers devaient avoir été à cette époque l'objet d'une dévotion particulière, puisque l'image de la sainte Croix paraissait sur les murailles de l'abbaye de Metten, entourée des initiales de chacun des mots dont ils sont composés. Il faut reconnaître en même temps que la pieuse intention qui avait fait ériger ces Croix était tombée en oubli., et que le précieux Evangéliaire que nous venons de décrire d'après Dom Bernard Pez avait été fort négligé , jusqu'à ce qu'une circonstance inattendue eût engagé les religieux à y chercher l'interprétation des mystérieux caractères. Cette incurie ne s'explique que trop, si l'on se rappelle les vicissitudes par lesquelles avaient passé les monastères de l'Allemagne depuis plus d'un : siècle, par suite des agitations religieuses et politiques dont ce pays avait été le théâtre, et qui en renversèrent un si grand nombre, laissant les autres dans un état voisin de la destruction. Si maintenant nous voulons rechercher à quelle époque on aurait commencé à représenter saint Benoît avec la sainte Croix (très important), il sera possible de découvrir une certaine origine de cet usage dans les faits si caractéristiques que nous avons cités des Vies de saint Placide et de saint Maur, premiers fondateurs des traditions de l'Ordre. Nous y apprêtions que tous deux ont accompli leurs œuvres miraculeuses en associant à la puissance de la sainte Croix les mérites de leur maître saint Benoît. Un fait raconté dans la Vie du pape saint Léon IX, qui siégea de 1049 à 1054, apportera aussi quelque secours pour l'éclaircissement de la question. Ce saint Pontife, né en 1002, porta d'abord le nom de Brunon, et fut placé dans son enfance sous la conduite de Bertold, évêque de Toul. Étant allé visiter ses parents dans le château d'Eginsheim, une nuit du samedi au dimanche, il dormait dans la chambre qu'on lui avait préparée. Pendant son sommeil, un horrible crapaud vint se placer sur son visage. L'animal immonde appuyait ses pattes de devant sur la région de l'oreille et au-dessous du menton : il pressait fortement le visage du jeune homme et en suçait les chairs. La pression et la douleur réveillèrent Brunon. Effrayé du danger qu'il court, il se lève du lit aussitôt, et secoue par un mouvement de la main contre l'oreille l'affreuse bête que les rayons de la lune lui permettent de distinguer. A cette vue, il pousse un cri d'horreur : de nombreux serviteurs arrivent apportant de la lumière ; mais la bête venimeuse s'évanouit à leur approche. En vain cherche-t-on sa trace: tous les efforts sont infructueux. Il demeura donc douteux si l'apparition du monstre avait été réelle ou fantastique ; mais les suites de son passage n'en furent pas moins cruelles. Brunon sentit tout à coup une inflammation douloureuse au visage, à la gorge et à la poitrine, et son état ne tarda pas à donner les plus vives alarmes. Pendant deux mois, ses parents désolés entourèrent sa couche, attendant de jour en jour son dernier moment. Mais Dieu, qui le réservait pour le salut de son Eglise, voulut mettre un terme à leur affliction en lui rendant la santé. Depuis huit jours il avait perdu la parole, lorsque tout à coup, se sentant parfaitement éveillé, il vit une échelle lumineuse qui partait de son lit, et, traversant la fenêtre de sa chambre, paraissait monter jusqu'au ciel. Un vieillard vénérable, revêtu de l'habit monastique et entouré d'une splendeur éclatante, descendit par cette échelle. Il tenait dans sa main droite une Croix placée à l'extrémité d'un long bâton. Arrivé près du malade, il appuya sa main gauche sur l'échelle, et de sa droite il posa la Croix qu'il portait sur le visage de Brunon, puis sur les autres parties enflammées. Cet attouchement fit sortir le virus par une ouverture qui se forma aussitôt dans la région de l'oreille. Le Vieillard, laissant le malade soulagé, suivit en se retirant la voie par laquelle il était venu. Brunon appelle aussitôt son clerc Adalbéron ; il le fait asseoir sur son lit et lui raconte l'heureuse visite qu'il vient de recevoir. La désolation qui remplissait la maison fait place à la joie la plus vive : peu de jours après, la plaie était cicatrisée et Brunon rendu à une santé parfaite. Dans tout le cours de sa vie, il aima à raconter cet événement miraculeux ; et l'archidiacre Wibert, auteur du récit que nous venons de reproduire, atteste que le Pontife avait reconnu le glorieux Patriarche saint Benoît dans le vieillard vénérable qui l'avait guéri par l'attouchement de la sainte Croix (Mabillon, Acta Sanctorum Ordinis S. Benedicti, sœculum VI). [...] Je me suis permis d'effacer une partieL'événement de Nattremberg réveilla la dévotion des peuples envers saint Benoît représenté avec la sainte Croix. Ce fut alors que, pour faire jouir les fidèles de la protection assurée à ceux qui vénèrent la sainte Croix en union avec le saint Patriarche des moines d'Occident, la piété songea à multiplier et à propager les augustes symboles que l'on trouve réunis sur la médaille. On joignit à l'instrument du salut et à l'effigie de saint Benoît les caractères dont le manuscrit de Metten avait fourni l'explication. D'Allemagne où elle fut frappée d'abord, la médaille se répandit promptement dans toute l'Europe catholique, et fut regardée par les fidèles comme une défense assurée contre les esprits infernaux. Saint Vincent de Paul, qui mourut en 1660, paraît l'avoir connue : car toutes les Sœurs de la Charité la portent à leur chapelet de temps immémorial, et durant un long intervalle elle ne fut plus guère frappée en France que pour leur usage. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Amulette : Médaille de Saint Benoit Mar 29 Mai 2007 - 21:56 | |
| Je ne puis retranscrire plus de texte, car la suite, je ne l'ai pas vraiment compris alors rien ne servirait de la placer ici... En espérant que vous aurez aimé, vous trouverez le reste et les textes originaux à la suite.Etude extraite du site-manuscrit |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Amulette : Médaille de Saint Benoit Mer 30 Mai 2007 - 18:47 | |
| Notons aussi que l'amulette peut prendre diverses formes, et je vous mets ici des images scannées d'une de ses amulettes, qui par chance, est en ma possession. La matière de l'amulette est le plus souvent un métal brut, tel le fer ou le cuivre. On la trouve aussi gravée sur de l'acier. Celle-ci est, notons le, dure à trouver de par sa rareté et ses effets bien connus des chrétiens...pleins de foi. Image de Saint-Benoit Image du dos |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Amulette : Médaille de Saint Benoit Mer 10 Oct 2007 - 16:59 | |
| Cette amulette rend aussi la femme féconde. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Amulette : Médaille de Saint Benoit Jeu 11 Oct 2007 - 1:21 | |
| Merci pour ce travail de recherche que tu as éffectué,je te le dis maintenant car tu pourais désespéré que l'on ne fasse pas attention à un si grand investissement,je met en marque page ton post et le lis plus tard dans la soirée,on en reparle après si tu le souhaite.
Encore merci |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Amulette : Médaille de Saint Benoit Jeu 11 Oct 2007 - 6:37 | |
| | vertigo937 a écrit: | | tu pourais désespéré que l'on ne fasse pas attention à un si grand investissement, |
On apprend à s'y faire. C'était une recherche personnelle, j'en ai fait part aux membres. Après, je suppose qu'ils se fichent et que c'est trop long pour eux ! 
Mais merci à toi |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Amulette : Médaille de Saint Benoit Jeu 11 Oct 2007 - 8:18 | |
| Et bien,j'ai lu ton texte et je dois te dire que ce fut très éprouvant pour moi de me farcir des écris théologique de la sainte lumière de benoit jusqu'aux divers miracles et compagnies en passant par les différentes missions évangéliques en europe^^
On retrouve encore le même esprit par rapport aux énergies et à l'influence de la volonté au travers d'un objet sacré dominant le profane.
Encore merci |
|  | | | | Amulette : Médaille de Saint Benoit | |
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